Carnet de route
Grand Paradis
Le 01/04/2026 par Denis & Antoine
Le mot d’un retraité
Sortir d’un lit douillet à dix heures du matin pour entamer une journée simple et reposante, ça, c’est une vie parfaite de retraité.
Mais qu’est-ce qui pousse ce retraité à se lever plus tôt que lorsque qu’il était actif ?
Mais pourquoi s’échine-t-il à gravir ces sommets, chargé d’un pesant sac à dos et chaussé de lourdes chaussures et de planches lestées de peaux alors que son corps couine ?
Il y a tellement de réponses à ces deux questions qu’il est difficile de les lister.
Je n’en évoquerais que quelques-unes qui me sont chères.
La première est indiscutablement que la nature nous a doté d’une santé qui nous permet cela.
Sans doute que la chance et les aléas de la vie ont permis que notre corps n’a pas trop été impacté par la dureté de la vie professionnelle.
La deuxième raison est sans doute le mental, nous avons passés les épreuves de la vie malgré nos très nombreuses fragilités.
La troisième est le plaisir, je devrais dire la magie du partage avec des personnes que l’on affectionne particulièrement.
La dernière de ma liste concerne la jeunesse. Je m’adresse à vous les « gamins », quel plaisir indescriptible de voyager avec vous. Vous représentez la raison ultime de notre existence sur cette planète, vous en connaissez déjà beaucoup plus que nous au même âge et vous véhiculez de vraies belles valeurs. Bravo et merci à vous.
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La Vanoise, ça vous gagne… mais cette fois, la météo en a décidé autrement. Le séjour initial, prévu départ le lundi matin, a dû être annulé au dernier moment à cause d’une mauvaise fenêtre météo, de vents tempétueux en altitude et un froid extrême. Nous nous retrouvons sans neige à se mettre sous les spatules.
C’était sans compter sur l’enthousiasme de Marco et Jean Paul, qui ont immédiatement dégainé un plan B, direction le Grand Paradis ! Le choix a fait l’unanimité, ni une ni deux, le groupe était recomposé, prêt à prendre la route le mercredi matin vers l’Italie. Cette fois, la météo annonçait du grand beau pour les deux jours.
Nous garons la voiture dans la vallée de Valsavarenche avant de chausser les skis en direction du refuge Chabod. Après une montée par un chemin forestier et un passage devant une ancienne bergerie typique du coin, nous poursuivons sous une barre rocheuse jusqu’au refuge.
À l’arrivée, Marco et Jean Paul nous ont préparé des ateliers pour anticiper la journée du lendemain, atelier mouflage d’un côté puis atelier transition ski /crampon et inversement en pente raide de l’autre !
Après une bonne heure à faire des manipulations, le soleil déclinant, nous rentrons nous réchauffer au refuge avant le repas. Une fois les estomacs rassasiés, nous préparons ensemble la sortie du lendemain et établissons la CSV (Cartographie Systémique des Vigilances).
Après une nuit plus ou moins réparatrice, nous quittons le refuge à 7h. Le froid est mordant et il faudra patienter un moment avant de profiter du soleil. Nous progressons à bon rythme jusqu’à prendre pied sur le glacier de Laveciau. Un guide passé devant nous en profite pour refaire la trace balayée par le vent, à la pelle. Nous sortons alors les couteaux que nous garderons jusqu’au sommet, avec notamment quelques passages en glace.
Aux alentours de midi 30 nous atteignons le pied de l’arête sommitale. Nous décidons de nous encorder pour rejoindre la Madone qui marque le sommet du Grand Paradis. Quelques minutes plus tard, l’ensemble du groupe se retrouve à ses pieds.
Après la descente de l’arête, nous chaussons les skis pour engager la descente. 2200 m de D– nous attendent et cela promet de faire chauffer les jambes déjà bien sollicitées. Bien que les conditions de neige n’étaient pas idéales, la vue à couper le souffle à su contrebalancer cela ! Il faudra quelques chutes plus ou moins spectaculaires avant d’arriver sous le refuge et d’entamer la descente vers la vallée.
Pour la dernière portion en forêt, il a fallu se faufiler entre les arbres avant de devoir finir à pied faute de neige sur la dernière partie du sentier. Juste le temps de charger les skis dans le minibus et le pick-up et nous prenons la direction de Sallanches ou plus précisément l’Outer Range, afin de débriefer et profiter une dernière fois de cette belle sortie tous ensemble. C’était une sacrée aventure, un premier 4000 à ski pour un bon nombre des participants.
Encore un grand merci à nos encadrants, Marco et Jean Paul, qui nous ont « mis les poils » (pensée à Marco !) ainsi qu’à la bonne humeur du groupe. Les jambes tirent encore… mais déjà hâte de repartir !





