Carnet de route

Raid en Ortles (version originale)

Le 28/04/2018 par DESFOSSEZ Benjamin

Nous étions 7 pour participer à cette superbe aventure en Ortles :

Notre guide Jean-Claude ou JC comme Jesus Christ.

André ou Dédé comme le cochon dans le pub pour un jeu à gratter dont je ne sais plus le nom.

Claudine ou la femme à Dédé.

Yann ou le mec des impôts.

Sylvie ou la ptite dame qui parle fort.

Catherine ou la ptite dame qui parle pas fort.

Et Benjamin ou ….. bein rien parce que c’est moi qui fait le compte rendu hihihi faut bien un avantage !

J’espère que vous avez du temps devant vous car le compte rendu sera mort long, parce qui en a à raconter sinon vous pouvez vous arrêtez là.

Pour les jaloux je vous conseille de rester sur le compte rendu que j’avais fait pour le 1er Avril (et oui un beau poisson !!!).

Pour les pressés : C’était génial ! Merci bonsoir.

Pour les autres voici le petit compte rendu:

Nous nous étions donné rendez-vous le Samedi 17 Mars 2018 au parking du Rosay…. Bon ok jusque-là rien de bien original on peut faire mieux comme phrase d’accroche.

Disons plutôt : le Samedi 17 Mars 2018, 7 membres du CAF Sallanches se sont donné rendez-vous au parking du Rosay. Ah zut c’est aussi pas original. Bon bref comme pour toutes les sorties on s’est dit bonjour, rempli le bus et on est parti.

Après quelques heures de routes sous une pluie constante nous voici arrivés à notre premier refuge, ou plutôt hôtel : le refuge Forni.

On s’installe, petite chambre de 4 grand confort, douche sur le palier gratuite avec de l’eau chaude, grand luxe quoi !

Pour le Dimanche les prévisions météo étaient pessimistes mais déçu en bien lorsque JC nous réveille ! Grand beau ! Après un petit dèj copieux nous partons comme-ci on allait faire le Tresero.

Malheureusement le temps change et la visibilité devient de moins en moins bonne et la neige commence à tomber. Nous décidons alors de faire demi-tour après 900m de dénivelé.

Evidemment la neige était excellente car fraiche de la veille.

Le Lundi c’était pas glop, temps de *erde même on peut dire, tellement pas glop que Yann et moi-même somme resté au refuge pendant que les 5 autres plus courageux étaient partis quand même !

On en a profité pour se perfectionner au Uno et pour aussi refaire le monde, j’ai aussi tenté de connaitre des ficelles pour frauder heu pardon pour faire de l’optimisation fiscale mais même sous mes menaces de ne plus le laisser gagner au Uno, Yann n’a pas donné d’indice. En bon professionnel jusqu’au bout il a rien lâché !! Sont forts les mecs du Fisc !!!

En fin de matinée les 5 randonneurs de l’extrême reviennent heureux malgré les conditions difficiles. Ils ont eu de la bonne neige mais la visibilité était limitée.

Nous partons ensuite tous ensemble pour rejoindre le refuge de Pizzini sous une météo toujours pas terrible.

Mardi beaucoup mieux ! Nous partons en direction du col de la Mine (Passo della miniera). Il y a beaucoup de neige fraiche ! Heureusement 3 confrères nous précèdent faisant ainsi la trace.

Le paysage est magnifique, nous passons à côté du fameux Grand Zebru, sommet très esthétique qui nous inspire beaucoup.

Nous arrivons au col Nord du Pale Rosse d’où nous pouvons observer notre objectif, les conditions nivologiques, météo et la pente étaient incompatibles avec le projet de rester en vie.

Après un vote, nous décidons tous de continuer malgré tout…. Mais non je déconne !

Donc on propose à JC d’aller à un autre col que j’avais repéré avec la Claudine en montant. Un beau col exempt de toute trace, pas trop raide mais pas plat, il s’agit du col Sud du Pale Rosse.

Les conditions nivologiques, météo et la pente étaient compatibles avec le projet de faire du grand ski en toute sécurité et de kiffer grave sa mère (excusez-moi je m’emporte quand j’y repense).

Après un vote, nous décidons tous de ne pas y aller malgré tout…. Mais non je déconne !

Bon promis, j’arrête avec mes blagues.

Donc nous redescendons du col Nord sur à peine 100m de dénivelé pour remettre les peaux afin d’aller au col Sud. Repeautage pour tout le monde sauf pour JC qui a oublié ses peaux au col Nord !

Et vu que j’étais le premier à les avoir remises…. Bah je suis remonté au col Nord pour aller chercher les peaux à JC !

C’est pénible il va falloir que je redescende encore dans cette super bonne neige ! Sacré JC !

Arrivé 10m sous le col, j’entends JC hurler « Benjamin, c’est bon je les ai retrouvé ». Sacré JC !

J’ai donc continué quand même jusqu’au col pour profiter le plus possible de la deuxième descente avant de rejoindre mon farceur et les autres pour monter au col Sud.

La descente de celui-ci était comme on l’avait soupçonnée, mieux aurait été indécent.

Poudreuse légère dans une pente vierge, comme au cinéma mais en vrai !

Retour à Pizzini tranquillement en enchainant les virages (certains les comptaient et se donnaient le défis d’en faire le plus possible, le record était de 51, chiffre très utile au Rami).

La nuit de Mardi à Mercredi fut très agitée ! non non pas de folies dans les dortoirs, mais un vent violent qui a duré toute la nuit et qui a continué toute la journée de Mercredi.

Le beau manteau neigeux s’est fait ravager en une nuit, au réveil nous pouvions voir les embruns impressionnants sur les crêtes et la neige striée, sculptée par le vent comme le sable dans le désert.

Nous avions prévus l’ascension du Mt Pasquale mais les conditions nivologiques, météo et la pente étaient incompatibles avec le projet de rester en vie.

Nous nous sommes rabattus donc sur le projet de rejoindre le refuge Casati situé sur une arête en face de Pizzini. Nous nous sommes habillés avec tout ce que l’on disposait et nous sommes partis.

Les conditions étaient vraiment extrêmes, vent violent, très froid, heureusement il y avait le soleil.

Après environ une expédition de 10 minutes et quasiment 20cm de dénivelé, JC nous propose de faire demi-tour.

Sans grandes hésitations, l’ensemble de l’équipe approuve. Sur le coup je me suis demandé si on partait pas pour l’Everest tellement on était habillé et malgré tout certain avait l’onglet.

De retour au refuge sous les moqueries du gardien « la montagne elle est dehors hein ! ah ces Français !!! »). Nous attendons au chaud un créneau moins pire en comptant sur le soleil de milieu de matinée pour compenser en peu la sensation glaciale.

C’est vers 9h30 que nous décidons une deuxième tentative. Cette fois-ci se sera la bonne, il y avait un peu moins de vent mais surtout le soleil était plus chaud. La trace était à refaire et c’est sans encombre que nous avons rejoint le refuge Casati perché sur son arête au bord du vide !

L’accès via la dernière pente se fait à pied car c’est très raide et il y a pas mal de cailloux, ambiance haute montagne garantie !

Jeudi, le vent est toujours présent mais moins violent. Nous avons comme projet l’ascension du Mt Cevedale et retour au refuge Forni via le Pallon de la Mare. Une grosse journée !

Du refuge on devine la pente sous l’arrête sommitale du Cevedale en glace à cause du vent qui a tout mis à nu !

Nous partons très bien habillé en direction du glacier quasi plat pour ensuite atteindre le pied de la face raide inévitable pour accéder à l’arête sommitale.

Une fois dans la pente, une des peaux à JC a décidé de ne plus coller. Après plusieurs essais (scotch double face, nico patch, chewing gum, sert joint,….) rien à faire, ça se décolle !

Pendant ce temps-là, comme on l’avait vu du refuge, il y a bien un passage en glace mais par chance il restait une bande de neige où nos couteaux pouvaient mordre. La chute à cet endroit aurait été pas sympa car ça se situait juste au-dessus d’une rimaye très ouverte.

Au bout de l’arête un ressaut raide nous impose de porter les skis et de mettre les crampons, c’est dingue comme les conditions peuvent changer aussi vite !

Dédé, Claudine, Catherine et moi-même arrivons au sommet, on s’embrasse à travers nos cagoules, masques et cols roulés, on profite du panorama sublime (pardon « juste sublime »), photos en tous genre, moi avec toi, lui avec elle, eux avec lui, lui avec moi, toi et eux, nous avec lui, lui mais sans moi, eux sans nous, nous mais pas avec lui, bref on a fait des photos au sommet!

Tout ça pour rien puisque de toute façon on ne reconnait personne sur les photos tellement on est couverts !

Et les autres ?? ah bein y a la ptite dame qui parle fort qui arrive. Malheureusement Sylvie nous informe que JC et resté en bas avec Yann, je repense alors à mon expérience du Lundi où j’ai essayé en vain d’obtenir des informations fiscales et je me dis dommage que je n’ai pas de réseau car j’aurai pu prévenir JC que ça servait à rien de resté avec Yann, c’est une tombe ! Mais finalement ce n’était pas calculé, c’est à cause de la peau à JC qui ne colle pas. Pour lui impossible de poursuivre et monter en crampons n’aurait rien changé car on devait aller ensuite au Pallon de la Mare où le repeautage est indispensable. C’est quand même pas de peau !

JC redescend donc avec le fiscaliste au refuge Forni.

Nous voilà donc tous les 5 au sommet, nous réfléchissons sur l’itinéraire à suivre pour rejoindre le Pallon de la Mare « de visu » car la carte est restée dans le sac à JC. Ca semblait évident vu de la haut.

Nous redescendons sur le versant opposé à la montée, dans une neige protégée du vent donc bien skiable.

Avant de remettre les peaux, nous prenons un petit pic nic, le vent est largement supportable, nous sommes seul, paysages magnifiques.

Nous remontons une large combe jusqu’à atteindre un espèce de col où le vent reprend de plus belle.

On sort sur une arête, les conditions sont bien pires qu’au Cevedale, on y voit rien, la neige nous giffle, c’est la niffle (comme une giffle mais avec la neige).

Nous sommes au pied d’un rognon rocheux, nous ne savons pas par où redescendre, de là où on est ça ne passe pas, il faut donc trouver un autre chemin. En montant j’avais repéré une pente skiable qui allait en direction du vallon de Forni, je convaincs alors le reste de l’équipe d’aller voir. Nous retirons les peaux et nous voilà partis dans cette pente, moi en éclaireur. J’arrive sur une zone toute en glace, la pente devient de plus en plus raide, impossible de voir la suite d’un éventuel cheminement. Dédé, Claudine et Sylvie me suggère vivement de remonter, ce que je fis. On se concerte, on discute, on papote, on babole pour se mettre d’accord de remonter où on était 45min avant, à savoir sur cette foutue arrête.

Sauf que cette fois-ci on y accède beaucoup plus par la gauche, ce qui nous ouvre la visibilité sur l’arête du Pallon de la Mare, qui était caché par le rognon rocheux la fois d’avant.

On se dit que l’issu est au bout de l’arête.

Pas sûr de nous à 100% on étudie le relief, l’orientation, on repère des gens qui montent derrière nous alors on décide de les attendre. Il s’agissait d’un guide avec son client qui nous confirme qu’il faut aller au bout de l’arête.

Ouf sauvé ! Moralité : toujours avoir une carte avec soi !

Retour à Forni dans toute les neiges, croutée, poudreuse, carton, moquettes à poils courts, moquette à poils longs, polystyrène, taulé, bêton, vitrifiée, transfo, gros sel, soupe, croutons à l’ail, un verre de vin, une tisane et au lit. C’est dingue on se croirait dans un compte rendu ski tour !

Vendredi météo nickel, encore un peu de vent mais rien à voir avec ce que l’on a eu la veille.

On décide de faire l’ascension du Tresero, très jolie course avec quand même un gros dénivelé et pas mal de km (1500m d+ et 17km). La vue du sommet est superbe et cette fois-ci c’est tous ensemble au sommet ! Alors les photos !!! C’est partis : moi avec toi, lui avec elle, eux avec lui, lui avec moi, toi et eux, nous avec lui, lui mais sans moi, eux sans nous, nous mais pas avec lui, bref on a fait des photos au sommet!

Samedi, dernier jour et premier jour avec des températures douces. Nous voulions allez à la pointe de Forni, les pentes sont pleins sud et il fait chaud, des traces d’avalanches récentes nous poussent à la prudence, on se rabattra sur une arête. La descente à eu lieu dans une neige de printemps sur le bas et plutôt croutée en haut (sauf la première pente en moquette).

Une courte sortie pour pouvoir reprendre la route et être de retour au Rosay pas trop tard.

En conclusion, un raid magnifique. La météo aura été meilleure que prévu, seulement une journée où on y voyait vraiment rien. On a fait plus de 6200m de dénivelé, découvert 3 refuges et fait l’ascension de 3 sommets, mais ce que je retiens le plus c’est l’ambiance dans le groupe, on a bien rigolé, il y a eu une bonne entraide même dans les moments moins faciles, tous avec le même objectif : se faire plaisir !

Un grand merci à Jean-Claude pour l’organisation et au reste de l’équipe pour les bons moments partagés en votre compagnie.

Les montagnes ne se croisent jamais mais les parcourir ensemble nous rapprochent.

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