Carnet de route

A l'assaut de la grande Berte

Le 28/02/2016 par Alexandre FREISMUTH

Pour cette sortie, une vingtaine de Cafiste avaient été mobilisés, répondant à l’appel du général Thierry. Celui-ci avait fait sonner le clairon à 8h, nous promettant de tracer avec nos skis de profondes tranchées dans la poudreuse sous un ciel sans pluie. Avec tout le respect que je lui dois, nous avons eu une journée ensoleillée, mais sans poudreuse. Mais avant de raconter le combat que nous avons mené contre les éléments, je dois rapporter ici, les nombreuses péripéties qui ont animé cette journée.

 

Après le passage en revue des troupes au garde à vous, ou nous déplorerons trois déserteurs (dont un couple de hauts dignitaires), ainsi qu’une retardataire (Madame Pascale), notre général bien aimé nous sépara en deux régiments : le premier dont je fis partie sera constitué d’éclaireurs, envoyés en première ligne, « au casse-pipe » ; tandis que le second suivra d’un train de sénateur. Nous gravîmes, avec beaucoup de courage et d’aisance les courbes sensuelles de la pente douce qui se dessinait devant nous. D’un mamelon à l’autre, la douceur de nos pas caressant la neige, contrastait avec la raideur de l’effort qui nous coupait le souffle. La délivrance se produisit vers midi, quand, après avoir franchi le col de Coux, le premier poilu, Jean-Claude, planta son bâton sur la grande Berte. Notre petite armée s’y regroupa tranquillement, et ce fut l’occasion pour Madame Gisèle de s’illustrer par un fait d’arme rarissime : elle bloqua sa fixation de ski, rendant celle-ci solidaire de ses pieds.

 

C’est alors que le temps changea, un vent glacé apportant des nuages qui voilèrent le Soleil. Le bruit sourd d’une avalanche de pierre et de glace nous refroidit le cœur. Il était temps de se restaurer, ce que nous fîmes dans le plus pur respect de la tradition cafiste (Génépi, vin rouge et chocolat) avant de nous replier vers les voitures. Je ne sais, si ce sont les abus de breuvages alcoolisés, ou la qualité de la neige suspecte (épaisse croûte), mais notre descente eut plus l’aspect d’une déroute que d’une retraite bien organisée. Nous titubions sur la neige, tels des débutants, cherchant notre équilibre ; cette image sera parfaitement illustrée par l’un de nos guerriers les plus expérimentés, Michel, qui chuta de nombreuses fois.

 

Nous arrivâmes enfin aux voitures, exténués, ce qui fut l’occasion de festoyer une nouvelle fois dans une auberge à proximité. Notre général bien aimé en profita pour faire le compte rendu de cette bataille, témoin « de sa première chute de la saison », où il souligna que la « neige poudreuse qu’il nous avait promise se trouvait sous la croûte ». Cette journée fut pour moi riche en enseignement, outre le fait qu’elle confirma la mauvaise foi de ceux qui nous dirigent, j’acquis la certitude que c’est dans la difficulté que les liens les plus forts se tissent, en témoignent les saluts chaleureux au moment de se quitter.







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